Sevrage du tabac grâce à l’hypnose

Cette phrase revient constamment : « j’ai envie d’arrêter mais je n’y arrive pas ».
Pourquoi en général les personnes n’y arrivent pas ?

Aujourd’hui un fumeur sur deux désire arrêter de fumer. ( Journal le monde du 12.04.2017)
La nicotine est une drogue dure, d’ailleurs notre cerveau contient un chromosome , le chromosome 13, qui est le code génétique correspondant à la dépendance à la nicotine. Le fumeur à une réelle dépendance physiologique et psychologique à la cigarette. C’est d’ailleurs le plus souvent cette horrible dépendance, qui ne nous rend pas fière, qui fait que les patients poussent la porte du cabinet. C’est une des raisons mais ce n’est pas la seule ; l’age, la peur des maladies, le stress, la toux, le mauvais sommeil, l’odeur, le teint gris, le souffle, la lassitude…Toutes ces raisons enclenchent un jour la décision d’arrêter.

On constate souvent que les patients ont fait plusieurs tentatives d’arrêt (parfois même cinq ou six tentatives) mais bien souvent cela se solde par un échec sur le long terme. Leur volonté ne suffit pas et ce malgré les prises de dérivés nicotiniques (patch, nicorette, anti-dépresseurs comme le zyban…). Une aide extérieur est alors nécessaire par un professionnel qui va les accompagner à traverser cette période souvent difficile.

Etant psychanalyste et hypnothérapeute, je pratique l’hypnose pour accompagner les patients dans leur décision de se libérer de la cigarette. Malgré une formation et une pratique en hypnose thérapeutique très large et très poussée, j’ai choisi l’hypnose pour l’arrêt du tabac comme étant ma spécialisation. Je propose une « méthode progressive » que j’ai mise au point au grâce à mon expérience clinique, mes connaissances et mon expérience d’ex fumeuse, (j’ai arrêté il y a 15 ans). C’est une méthode qui fait évoluer le patient par pallier, progressivement et tout en douceur. Nous obtenons des résultats considérables sur le long terme.

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Quelle est la méthode ?

Sans révéler le contenu, c’est une méthode en 5 séances globales dont 4 séances d’hypnose espacées en général sur un mois. Les séances peuvent être individuelles ou collectives.

La première séance est très importante. C’est la prise de contact entre le patient et le thérapeute ; le patient raconte sa vie de fumeur et ses habitudes. Tout est dit durant cette séance, parfois sans que le fumeur s’en rende vraiment compte… le patient, à son insu, commence déjà à prendre conscience de quelques éléments encombrants de sa vie de fumeur. Je dis à son insu, car le fumeur à une problématique qui se répète à tous les fumeurs et qu’il explique très bien. Il est divisé, clivé, il a une dualité en lui. Une partie de son être désire arrêter de fumer (la partie consciente) et une partie ne le désire pas (la partie inconsciente).
Si le contact passe bien entre le patient et le thérapeute et si la motivation du fumeur est là alors on commence la mise en place du programme d’hypnose dès la prochaine séance.
Les quatre séances d’hypnose permettent au fumeur d’envisager l’arrêt progressivement sans que cela soit trop angoissant ni trop brutal. Ces séances permettent au patient de se familiariser avec l’hypnose et d’apprendre les techniques pour pratiquer l’auto-hypnose à la maison ou au bureau.

 

Que doit faire le patient pendant les séances d’hypnose ?

L’hypnose thérapeutique est un phénomène naturel, nous sommes en état d’auto-hypnose plusieurs fois dans la journée sans même le savoir. Ce qui permet parfois à notre cerveau de se reposer. On peut comparer cet état à un « pilotage automatique » ou à avoir « la tête dans les nuages ». Le patient est plongé dans son monde intérieur.
Grâce à l’hypnose et à la technique employée, le patient va mettre en place des mécanismes naturels d’auto-guérison physique et mentale. Il va penser en lui-même les solutions pour se libérer de sa dépendance. Il n’a rien à faire à part écouter la voix et laisser les phénomènes psychiques se mettre en place.

 

D’un point de vue hypnotique ou psychanalytique, nous sommes dans quel registre psychique ou émotionnel ou physique avec l’arrêt du tabac ?

Effectivement plusieurs concepts apparaissent avec l’arrêt du tabac. La perte, avec la perte de « l’objet cigarette ». Certains disent que la cigarette c’est comme un ami… la Perte de cet objet est presque assimilée à un deuil avec tous les stades du deuil à traverser. Un stade souvent angoissant parfois même traumatisant pour certains. La perte du plaisir que procure la cigarette (même si toutes les cigarettes ne sont pas des cigarettes plaisir). On est également dans le registre du manque, manque de la pose cigarette, manque physique et physiologique. On est également dans le registre de la peur, peur du manque, peur de l’échec, peur de prendre du poids, peur de lâcher prise, peur d’être plus stressé, peur d’une instabilité émotionnelle, peur d’être libre. Donc vous voyez, arrêter de fumer peut engendrer des peurs et des angoisses que l’on peut très nettement apaiser avec l’hypnose.

 

Qu’est que l’hypnose ?

« Si l’hypnose est le plus souvent réduite à un phénomène de soumission, de fascination, d’insensibilité, c’est que notre culture, qui a peu de moyen pour la penser, en retient seulement le négatif ou l’ombre portée.
En réalité, l’hypnose est un état de veille intense, à l’instar du sommeil profond a partir duquel nous rêvons. De même que ce sommeil profond conditionne l’éclosion du pouvoir de rêver, de même cette veille intense nous fait accéder au pouvoir de configurer le monde.
L’hypnose de vient alors une vigilance accrue qui met à notre disposition les paramètres constitutifs de notre existence. Ouverte aux dimensions de notre monde, elle s’oppose à la veille restreinte que nous connaissons dans notre vie de tous les jours.
Loin d’être passive, l’hypnose nous permet, par l’imagination, d’anticiper et de transformer nos comportements et nos agissements. Elle sollicite notre capacité à décider de notre place en relation avec les autres et notre environnement. En ce sens, elle relève non pas de la psychologie mais d’une cosmologie.
La pratique de l’hypnose, cette veille plus large et plus fine, peut devenir un art de vivre. Elle suppose un apprentissage qui n’a rien d’ésotérique et qui se contente de prendre appui sur les possibilités présentes en chacun ».
« François Roustang. Qu’est-ce-que l’hypnose, édit de Minuit, 1993, 2003. »

 

Pour pratiquer l’hypnose, est-ce qu’ être psychanalyste est un avantage ou un désavantage ?

Je dirais plutôt un avantage aussi bien pour le patient que pour le thérapeute.
Certains diront que cela leur apporte une sécurité supplémentaire. Le patient se sent parfois plus en confiance, il a plus de facilité à se dévoiler plus intimement par rapport à ses difficultés personnelles, à sa dépendance ; il sent une écoute professionnelle, il se sent compris, entendu. Il peut mieux parler et libérer sa parole comme dans un cabinet de psy mais aussi parler de sa santé, de la gestion de son stress, de la confiance en soi, de sa culpabilité à fumer, de la honte qu’il peut ressentir de fumer devant ses enfants et de ne pas donner le bon exemple…Tout ces sujets peuvent être évoqués dès la première séances mais aussi parfois en début et en fin de séance d’hypnose. Donc nous pouvons dire qu’une pratique analytique peut-être tout a fait complémentaire à une pratique d’hypnothérapie.

Texte écrit par Alexandra Kirszner, psychanalyste et hypnothérapeute adulte-enfant, spécialisée dans l’hypnose pour arrêter de fumer

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Renseignements pratiques

Public : Pour adultes

Atelier en groupe

Prochaines dates : 02-16-23 et 30 novembre de 18h30 à 20h

Alexandra Kirszner

Psychothérapie, Psychanalyse, Hypnothérapie
Spécialités : Traumatismes, Troubles alimentaires, Arrêt tabac.
Téléphone : 0478/69.58.10
Email : alexandra.kirszner@unimind.be